A l’aube de sa pratique, le néophyte s’imposai une tâche impossible : figer le temps, le cristalliser, afin d’y plonger à loisir pour y explorer de nouveau les saisissements d’alors. Face à cette hydre chimérique, souvent il douta de sa photographie. Puis, heureusement, il fut le temps de l’indulgence : et si son art n’était pas destinée à être celui qui impose, comme un diktat, le moment précieux ? De fait, ce n’est pas le sommet d’une montagne qui résume son ascension.

Naturellement, ses idées s’affinèrent et il fut question de capter des sensations, l’aura d’une pièce, la fragilité d’un instant, invoquer les sens qui étaient stimulés lors de la prise de vue.

Ainsi, alors que l’élitiste gâche ces moments de vie à chercher le cliché parfait, le photographe s’inscrit comme une partie de ce tout, il tente modestement de s’en saisir avec vivacité et fluidité.

Notre photographe se dit alors qu’aucun média n’égalerait jamais la justesse de ces moments pleinement vécus.

Pourtant il fallait tenter.

Les moments étaient mieux que les photos, 2022.

A tout ceux :

Qui mettent souvent leurs doigts devant l’objectif

Qui de l’élitisme de l’image sont captifs

Qui pensent qu’il suffit d’appuyer sur un bouton,

Qui se dressent contre l’instant décisif de Bresson

Qui s’émerveillent des petits riens qui donnent ses couleurs au réel

Qui viscéralement ressentent ces moments aux souvenirs immortels

Merci.